La foire aux câlins

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Question de Sophie: Une amie a fait une diète de plantes à vos côtés, elle m’expliquait que les participants étaient tous isolés, et qu’il était interdit de se prendre dans les bras, ou même de converser sur les temps de repas collectif de l’expérience propre à chacun. Quand je lui ai demandé pourquoi elle n’a pas trop su me l’expliquer. Serait il possible pour vous de me renseigner?

Réponse de Loray Gwondé: Bonjour Sophie, Il suffit d’observer ce qui se passe dans certains cercles dits “spirituels” pour constater qu’une confusion s’est peu à peu installée. On mélange souvent ouverture du cœur et absence de limites. La chaleur humaine, les embrassades spontanées, les confidences immédiates, le partage constant d’objets, de paroles ou d’émotions créent une ambiance que beaucoup prennent pour un signe d’élévation. Pourtant, il s’agit plus souvent d’un débordement que d’un véritable alignement. Dans une démarche initiatique authentique, en. tout cas au regard de ce qui m’a été enseigné, l’objectif n’a jamais été de se fondre dans le groupe. Les traditions sérieuses insistent au contraire sur la tenue intérieure, la retenue, la qualité de présence. Le silence y a une place essentielle. Ce n’est pas de la froideur, mais une exigence : celle de rester centré, de préserver son axe et surtout l’intégrité de sa fréquence énergétique.

Dans beaucoup de rassemblements actuels, les participants arrivent déjà chargés : émotions non digérées, histoires personnelles, tensions accumulées… Mais aussi parfois des charges occultes ou des infestations égrégoriques. Le simple fait d’entrer dans un espace “spirituel” ne fait pas disparaître cela. Au contraire, ces éléments trouvent souvent un terrain pour circuler plus librement. Souvent les gens amènent des photos afférentes à un passé peut être parfois très lourd, des objets de pouvoir qui sont passé au crible de certaines énergies dans le cadre de cérémonies non maitrisées, ou ayant appartenus à des défunts… Tout cela est une charge qui peut impacter toutes les personnes.

Les contacts physiques répétés, les échanges intenses, les regards appuyés ou les confidences sans cadre solide créent des liens rapides. Chaque lien ouvre un passage. Et ces passages ne concernent pas seulement des idées abstraites d’énergie, mais aussi des phénomènes très concrets d’influence, d’imprégnation et de transfert.

Dans ce contexte, une confusion peut s’installer rapidement. Ce que l’on ressent comme une “connexion profonde” est souvent un mélange. Les repères personnels deviennent flous, les ressentis s’entremêlent, et il devient difficile de distinguer ce qui vient de soi et ce qui a été absorbé.

Un autre phénomène entre en jeu dans le cadre des diètes : le partage immédiat des expériences. Lorsque chacun exprime ses ressentis ou ses visions en temps réel, cela influence naturellement les autres. Une parole peut orienter les perceptions, suggérer des images, ouvrir des pistes que d’autres vont suivre sans en avoir pleinement conscience. Ce qui aurait pu rester une expérience intérieure singulière devient alors une construction collective, où l’authenticité et la suggestion se mêlent.

Le véritable enjeu n’est pas l’intensité de ce qui est vécu, mais sa direction. Un travail intérieur demande de la stabilité, de la verticalité. Il suppose de pouvoir rester centré malgré les sollicitations, et de contenir ce qui émerge avant de le partager. Chercher un lien avec des plans subtils ne peut se faire sans structure. Cela demande une forme d’hygiène, de discipline, de clarté intérieure. Lorsque tout devient trop poreux, le travail perd en profondeur et ouvre la porte à certaines entités. Après, je comprend que ces dynamiques collectives peuvent aussi apporter un certain confort : celui de ne pas être seul face à soi-même. L’agitation, les échanges constants, les interactions remplissent l’espace et évitent souvent le silence, qui est pourtant un passage nécessaire.

Partez du principe qu’une diète de plante implique un travail d’introspection et d’observation de nos mécanismes internes très puissant, et le but est de créer également une intimité très forte avec l’esprit de la plante afin de recevoir son enseignement.

Une approche sérieuse ne cherche pas à multiplier les interactions, mais à affiner la qualité de présence. Elle ne repose pas sur la fusion, mais sur la justesse des limites. Elle ne dépend pas de l’intensité émotionnelle du groupe, mais de la solidité du rapport à soi. Il ne s’agit pas de rejeter la chaleur humaine, mais de lui redonner sa juste place. Un lien véritable ne naît pas de la proximité excessive, mais d’une stabilité intérieure qui permet de rencontrer l’autre sans se perdre.

Sans cette base, l’expérience peut sembler forte, parfois même euphorisante, mais elle manque de direction. Et à terme, ce qui devait structurer et élever risque de désorganiser.

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