La plupart des prières pour désenvoûter quelqu'un que l'on trouve dans les livres ou sur Internet sont liées à des religions précises, notamment au christianisme ou à l'islam. Pourtant, prier n'est pas réservé à ceux qui appartiennent à une religion. On peut prier pour soi-même, pour un proche, demander une protection, une libération ou simplement adresser une demande sincère au monde spirituel tel qu'on le conçoit. Si vous pensez qu'une personne que vous aimez subit une influence négative, il est donc tout à fait possible de prier pour elle sans emprunter une foi qui n'est pas la vôtre.
Peut-on prier pour désenvoûter quelqu'un sans être chrétien ?
Oui. La prière existe bien au-delà des religions instituées. Elle est avant tout une manière de s'adresser à ce que l'on reconnaît comme plus grand que soi, d'exprimer une intention, de demander une aide ou de confier quelqu'un au monde spirituel.
Cela suppose néanmoins une certaine sincérité. Une personne qui ne croit pas aux saints n'a aucune raison de réciter une prière à un saint simplement parce qu'elle l'a trouvée sur Internet. De la même manière, quelqu'un qui n'appartient pas au vaudou haïtien n'a pas besoin d'invoquer un Lwa dont il ne connaît ni la place, ni les règles, ni la manière d'être servi.
Être spirituel sans appartenir à une religion ne signifie pas devoir fabriquer sa propre religion avec des morceaux de toutes les autres. Il est souvent plus juste de parler avec ses propres mots, depuis sa propre foi, même si celle-ci ne porte aucun nom particulier.
Une prière pour désenvoûter quelqu'un que l'on aime
Lorsqu'une personne appartient à une religion ou à une tradition spirituelle précise, le destinataire de sa prière va généralement de soi. Elle prie Dieu, un saint, un esprit ou une puissance avec laquelle cette tradition lui a appris à entrer en relation. La difficulté apparaît lorsque l'on est profondément spirituel sans appartenir à l'un de ces cadres.
Dans ce cas, il paraît peu cohérent d'emprunter pour l'occasion le nom d'un saint, d'un Lwa ou d'un esprit issu d'une tradition que l'on ne connaît pas. Une prière est une relation, pas une formule dont il suffirait de trouver le bon destinataire sur Internet.
La prière proposée ici s'adresse donc au Grand Mystère. Cette expression ne cherche pas à donner un nouveau nom à Dieu ni à définir ce qui se trouve au-dessus de l'être humain. Elle reconnaît simplement qu'il existe une réalité spirituelle plus vaste que nous, que nous pouvons nous tourner vers elle sans prétendre en connaître parfaitement la nature et qu'une demande peut lui être adressée avec sincérité et respect.
Ce terme n'a rien d'obligatoire. Si vous nommez déjà cette réalité autrement et que ce nom correspond réellement à votre foi, utilisez-le. Une prière gagne à être adressée à ce en quoi l'on croit véritablement, plutôt qu'à une puissance choisie parce qu'elle paraît plus impressionnante ou plus efficace.
Grand Mystère,
toi que les hommes nomment de tant de façons
sans jamais pouvoir entièrement te connaître,
je viens aujourd'hui avec respect te confier [prénom].Je ne sais pas tout de ce qu'il traverse.
Je ne vois pas tout ce qui agit autour de lui,
et je ne veux pas donner un nom à ce que je ne comprends pas.
Je sais seulement qu'une personne qui m'est chère souffre
et que mon cœur souhaite pour elle la paix et la liberté.Si quelque chose qui ne lui appartient pas s'est attaché à son chemin,
puisse ce lien se défaire.
Si une volonté étrangère pèse sur la sienne,
puisse-t-elle perdre sa prise.
Et que ce qui doit quitter sa vie puisse s'en aller sans haine et sans vengeance.Que sa force lui revienne.
Que son esprit retrouve sa clarté,
son cœur son repos
et ses pas leur direction.Que ce qui veille avec bienveillance puisse l'approcher,
que ce qui le protège demeure auprès de lui,
et que rien de ce qui cherche à l'égarer ne puisse le détourner de ce qui lui appartient profondément.Grand Mystère,
je te confie maintenant [prénom],
avec ce que je sais et ce que j'ignore,
avec mon amour, mon inquiétude et mon espérance.
Cette prière n'est ni une formule traditionnelle ni une prière initiatique. Vous pouvez changer certains mots, employer le féminin ou le masculin selon la personne, et surtout remplacer les formulations qui ne vous ressemblent pas. Une prière n'est pas rendue plus juste parce qu'elle est récitée au mot près.
Comment prier pour une autre personne ?
Il n'est pas nécessaire de transformer la pièce en temple pour que la prière ait du sens. Choisissez surtout un moment où vous pouvez être réellement présent à ce que vous faites. Quelques minutes de silence peuvent avoir davantage de valeur qu'une accumulation d'objets auxquels vous n'accordez vous-même aucune signification.
Vous pouvez prononcer le nom de la personne et garder une photographie d'elle auprès de vous si cela vous aide à diriger votre pensée et votre intention. La photographie n'est toutefois pas une condition nécessaire à la prière. Elle constitue simplement un support possible.
Avant de commencer, prenez quelques instants pour penser à la personne elle-même plutôt qu'à celui ou celle que vous soupçonnez éventuellement de lui avoir fait du mal. La prière proposée ici est tournée vers la personne que vous souhaitez aider. Elle ne cherche ni un coupable, ni une vengeance.
Vous pouvez également parler avec vos propres mots avant ou après la prière. Dire simplement ce qui vous inquiète, ce que vous espérez pour cette personne et pourquoi vous demandez de l'aide peut donner beaucoup plus de sens à la démarche que de chercher à réciter parfaitement un texte.
Enfin, rien n'oblige à prononcer la prière un nombre précis de fois. Vous pouvez y revenir lorsque vous en ressentez le besoin, mais il n'existe pas de chiffre qui transforme mécaniquement une répétition en puissance spirituelle. L'intention et la qualité de présence comptent davantage que la comptabilité.
Faut-il utiliser une prière traditionnelle de désenvoûtement ?
Si vous appartenez à une religion ou à une tradition spirituelle, il est naturel de chercher d'abord dans ce qui vous a été transmis. Une personne chrétienne peut se tourner vers les prières et les psaumes de sa religion ; d'autres traditions possèdent leurs propres prières, chants, invocations et manières de demander une protection.
Une prière traditionnelle ne devient cependant pas universelle simplement parce qu'elle est publiée sur Internet. Elle appartient souvent à une conception particulière du monde spirituel et peut parfois s'inscrire dans un ensemble beaucoup plus vaste de rites, d'obligations et de relations.
C'est particulièrement important lorsqu'il s'agit de traditions initiatiques. Dans le vaudou haïtien, les Lwa ne sont pas des puissances anonymes que l'on invoque parce que leur description correspond au problème du jour. Une relation aux Lwa s'inscrit dans une tradition vivante, avec ses transmissions, ses règles et ses obligations.
Il n'est donc pas nécessaire de chercher la prière la plus exotique ou celle qui promet d'être la plus "puissante". Si aucune tradition religieuse n'est véritablement la vôtre, une prière sincère formulée dans un langage qui correspond à votre propre rapport au sacré possède davantage de cohérence qu'une invocation dont vous ne connaissez ni l'origine ni le sens profond.
Une prière peut-elle réellement enlever un envoûtement ?
La prière possède sa propre valeur spirituelle. Elle permet de demander une protection, d'accompagner quelqu'un que l'on aime, de tourner une intention vers sa libération et de chercher une aide au-delà de ses propres moyens. Il serait donc réducteur de la considérer comme un simple geste symbolique destiné à rassurer celui qui prie.
Mais le mot désenvoûtement recouvre lui-même plusieurs réalités dans le langage courant. On l'emploie volontiers pour parler de purification, de protection, de dégagement ou de pratiques destinées à éloigner ce que l'on ressent comme négatif. Dans un travail occulte plus précis, un envoûtement désigne cependant une action orientée vers une personne, avec une intention et une structure particulières.
Une prière de protection ou de libération et un travail de désenvoûtement ne sont donc pas nécessairement deux manières différentes de faire exactement la même chose.
La prière peut accompagner, protéger, soutenir et parfois contribuer à défaire ce qui pèse sur une personne. Mais lorsqu'une action occulte structurée est réellement présente, comprendre sa nature permet de savoir quel travail lui correspond. Ce n'est pas diminuer la prière que de reconnaître cette différence : toutes les pratiques spirituelles n'ont simplement pas la même fonction.
Comment savoir si la personne est réellement envoûtée ?
Lorsqu'un proche change brutalement, accumule les difficultés ou semble ne plus être lui-même, la question de l'envoûtement peut surgir très vite. Pourtant, aucun signe pris isolément ne permet de l'affirmer avec sérieux.
La fatigue, les cauchemars, les conflits, une période de malchance, une perte d'élan ou des difficultés professionnelles peuvent accompagner de nombreuses périodes de la vie. Les transformer immédiatement en preuves d'une attaque occulte risque surtout de faire grandir la peur.
Dans son travail, Loray Gwondé cherche davantage à comprendre une trajectoire qu'à cocher une liste de symptômes : qu'est-ce qui a changé ? À quel moment ? Dans quelles circonstances ? Plusieurs domaines de la vie ont-ils été touchés simultanément ? Certains phénomènes persistent-ils alors que les causes ordinaires ont été examinées ? L'ensemble forme-t-il quelque chose de cohérent ?
C'est précisément parce que Loray reconnaît la réalité des influences occultes qu'il considère le discernement comme indispensable. Croire au monde invisible n'oblige pas à lui attribuer chaque difficulté humaine.
Cette incertitude ne vous empêche pourtant pas de prier. Il n'est pas nécessaire de savoir exactement ce qui arrive à quelqu'un pour souhaiter qu'il soit protégé et libéré de ce qui lui nuit. C'est aussi l'intérêt d'une prière qui ne prétend pas nommer à l'avance ce que l'on ne connaît pas.
Ce qu'il vaut mieux éviter lorsqu'on veut aider un proche
La peur donne facilement envie d'en faire toujours davantage. Une première prière en entraîne une seconde, puis un rituel trouvé dans une vidéo, une fumigation, une invocation inconnue et, quelques jours plus tard, personne ne sait plus très bien ce qui a été fait ni pourquoi.
Multiplier les pratiques n'est pas nécessairement une bonne manière d'aider.
Évitez en particulier de désigner précipitamment un responsable. Prier pour que quelqu'un soit libéré ne nécessite pas de décider qu'un voisin, un ancien conjoint ou un membre de la famille lui a forcément jeté un sort.
La même retenue s'impose avec les rituels de retour, les appels à des esprits que l'on ne connaît pas ou les opérations issues de traditions initiatiques. Certaines pratiques simples peuvent être réalisées par chacun ; d'autres supposent un cadre, une transmission et une capacité à ouvrir mais aussi à refermer correctement ce qui a été engagé.
Enfin, prenez garde à ne pas enfermer la personne dans votre propre inquiétude. Observer chacun de ses rêves, de ses changements d'humeur ou de ses mauvaises journées comme la confirmation d'un envoûtement peut finir par nourrir une hypervigilance permanente.
Une démarche spirituelle utile devrait progressivement ramener davantage de liberté et de stabilité dans l'existence, pas obliger à surveiller l'invisible du matin au soir.
Quand la prière ne suffit pas
Il arrive qu'une personne prie avec sincérité et que la situation qui l'inquiète demeure. La réponse n'est pas nécessairement de chercher une prière "plus puissante" ou de multiplier les rituels. Il peut devenir plus utile de chercher à comprendre ce qui se passe.
Lorsqu'une origine occulte est sérieusement envisagée, une étude permet de distinguer autant que possible la nature de la situation avant d'intervenir. Un envoûtement, une imprégnation, une forme-pensée, une problématique liée à un lieu ou une présence ne relèvent pas nécessairement du même travail. Et parfois, l'étude ne met tout simplement pas en évidence d'action occulte.
Cette étape permet ensuite de déterminer si un travail de purification, de dégagement, de désenvoûtement ou de contre-envoûtement est pertinent. Loray Gwondé réalise notamment des désenvoûtements à distance lorsque la situation le justifie.
La prière ne perd pas pour autant sa place. Elle peut rester une manière d'accompagner quelqu'un, de lui souhaiter protection et liberté et de maintenir une relation au spirituel pendant une période difficile.
Il existe peut-être enfin quelque chose de profondément juste dans le simple fait de prier pour une personne que l'on aime : reconnaître que l'on voudrait pouvoir tout faire pour elle, tout en acceptant que certaines choses dépassent nos propres mains.



