LES SORTS ET ENVOÛTEMENT

par | Mar 24, 2020 | GÉNÉRALITÉS, HISTOIRE DE LA MAGIE

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Sorts, enchantements, maléfices, vénéfices (actions dues à des substances toxiques), envoûtements, charges, charmes, sortilèges, évocations, invocations, formes pensées, autant de termes qui fascinent ou ensorcellent… Le public, comme le praticien débutant, ou naïf!

Cette fascination parfois trouble, voir franchement morbide, ne peut laisser indifférent. C’est que la notion même d’envoûtement implique immanquablement la domination d’un être par un autre être sans que celui-ci, la victime, ne puisse échapper à la toile subtile qui l’enserre. Cette image frise le cliché, le mauvais feuilleton, car si la réalité est parfois différente, elle peut quelquefois être plus noire que vous ne pensez…

Si la pratique de l’envoûtement est déplorable, ce n’est pas la technique qui est en cause, mais l’âme du praticien dont la transparence est plus que douteuse; L’outil n’est de rien dans l’affaire, de même qu’un couteau de cuisine peut être utilisé pour le bien, comme pour le mal, couper du pain est bénéfique, alors que le même couteau peut être utilisé pour tuer son prochain.

Le terme d’envoûtement désigne une action à distance, c’est une pratique très répandue existant depuis la préhistoire de l’humanité. De tout temps les hommes ont éprouvé le besoin d’agir sur leur environnement. L’homme est un prédateur et l’envoûtement est né de la chasse. Les premiers sorciers exerçaient leurs talent sur le gibier afin de faciliter le rôle de chasseurs, par la suite ils « épaulèrent » l’action des guerriers dans les combats, la diversité technique de l’envoûtement était née. Cependant, la mise en place d’une procédure d’envoûtement impliquait une préparation relativement longue, c’est ainsi que naquirent des procédures accélérées, voir instantanée: les sorts. Il convient donc de distinguer deux grandes catégories d’action, l’une impliquant une préparation rituelle assez complexe, c’est la catégorie des envoûtements traditionnels, l’autre instantanée, destiné à une opération ponctuelle d’une durée limitée dans le temps.

  1. Les sorts

La notion de sort est l’une des plus anciennes opérations des arts magiques. Le sort est une action qui vise à produire un résultat à très court terme, voir instantané. La panoplie dessorts est très étendue, à vrai dire elle ne semble connaitre aucune limite que celles de l’imagination du praticien. Le résultat de cette action peut être élémentaire, ou parfois produire une séquence d’évènements désagréables très sophistiqués. Le sort désigne une opération magique ne faisant appel à aucun rituel, c’est un acte magique isolé, individuel, dont la qualité de réalisation dépend de l’entrainement et des capacités du sorcier. Bien qu’un grand nombre de sorts soient négatifs, dans leur effets, à l’origine la plupart avait pour but l’obtention de résultats bénéfiques. La nature humaine est ainsi faite qu’elle ne retient le plus souvent que l’aspect maléfique des actes magiques.

Parmi les sorts bénéfiques citons, les bénédictions de lieux, les sorts agricoles pour fortifier les plantations les sorts en grille pour attirer la clientèle dans un commerce, les enchantements de filets pour la pêche, les sorts de protection pour éloigner les animaux nuisibles, ceux de protection pour les habitations, les étables, les écuries…

Les sorts de nuisance sont paradoxalement plus populaires, ainsi le fameux nouage d’aiguillette (sort d’impuissance), qui poursuit une carrière ininterrompue depuis plusieurs millénaires dans la population des maris volages et des jeunes mariés, les enclouages, les chevillages et autres sorts de ligature forment une longue liste de de sorts d’empêchement particulièrement redoutables.

Les sorts d’égarement sont aussi très populaires , sorts pour perdre les voyageurs, les visiteurs, ou simplement détourner une clientèle, etc… IL y a aussi les sorts d’accidents, les sorts pour empêcher de dormir, les charmes pour rendre un homme « attentif » à d’autres femmes que la sienne, les sorts de persuasion, ceux d’inattention, ceux pour couper la faim, etc. Un livre de la taille d’un annuaire de téléphone serait insuffisant pour énumérer cette longue théorie de charmes en tout genre.

La particularité du sort est sa fugacité, le but une fois atteint il s’évanouit sans laisser de trace. Il convient donc de le renouveler inlassablement si l’effet doit persister. La plupart de ces actions, à de rares exceptions, sont comparables à des flèches qui, ayant atteint leur but deviennent inutilisables.

Le sort pour être « lancé » requière la présence d’un sorcier (ou opérateur) sur les lieux de l’action, ou de la victime si l’objectif est une nuisance physique ou physiologique, l’imagination sorcière n’ayant que peu de limites, certains sorciers pour palier à cet inconvénient, procèdent par charges ou grilles, ce qui permet de préparer un support qui peut être transporté par une tierce personne, voire par la victime quelquefois à son insu. C’est le cas de sort fixé sur des fruits ou des objets comestibles (coco, bananes, citrons, pâtisseries, etc.)

Heureusement ce procédé n’est pas toujours applicable, ce qui en limite un usage abusif. À l’opposé des jeteurs de sorts, se trouvent des opérateurs (les traiteurs) capables de « lever » le sort, c’est à dire théoriquement de faire un dégagement. L’opération est généralement rapide et efficace quand on a affaire à un véritable spécialiste ce qui est de plus en plus rare.

2) Les envoûtement traditionnels.

L’envoûtement est sans conteste l’opération la plus populaire de la sorcellerie, c’est aussi la plus mystérieuse et la plus décriée. La littérature magique pourtant prolifique n’aborde presque jamais cet aspect particulier de la magie pratique. les quelques ouvrages que l’on trouve sur le sujet se contentent d’en développer l’aspect historique, et les texte dits techniques sont incomplets et totalement impraticables. Cela tient souvent au fait que l’envoûtement appartient plus à la tradition orale qu’aux méthodes de la magie cérémonielle dérivée des magies astrologiques et des techniques d’exorcismes des différentes religions.

L’envoûtement possède une origine plus sorcière que magique, il est assez différent des méthodes purement égrégoriques (c’est à dire nécessitant l’aide d’une entité) qui constituent l’apanage des rituels complexes des magies symboliques et religieuses. Quoiqu’en pensent certains praticiens, l’envoûtement est très éloigné des manipulations de la démonologie, ce qui explique la quasi totalité des échecs des opérations utilisant les techniques appartenant à la religion (exorcisme), totalement inadapté dans ce cas. Bien que dans plusieurs méthodes d’envoûtement les techniques évocatoires d’entités soient utilisées, le mode opératoire est beaucoup plus complexe qu’un simple appel à une entité dont l’existence et la bonne volonté sont souvent problématiques.

L’envoûtement est essentiellement une pratique reposant sur la qualité de l’entrainement spécial d’un sorcier ou opérateur.

L’envoûtement a très mauvaise réputation, il est même synonyme de maléfice, en tout cas d’actions particulièrement noires et peu édifiantes. Là encore il s’agit d’une perversion spécifique de l’esprit humain, qui ne retient que l’aspect sulfureux d’une action neutre en soi! L’envoûtement désigne une technique d’action à distance sur un être humain, des animaux ou des plantes. L’envoûtement agit sur la vie. Son action peut être très violente et rapide, mais cette influence peut être modulée selon plusieurs critères et ne désigne pas obligatoirement une action négative, il faut même admettre que la plupart des actions types de l’envoûtement sont des actions bénéfiques, mais ce sont malheureusement les moins utilisées!

Parmi les envoûtements bénéfiques on trouve: des envoûtement de guérison, des envoûtement de compensation de comportements névrotiques, ou plus simplement gênants: timidité, bégaiement, émotivité, etc. Des envoûtement d’aide psychique ou psychologique (particulièrement délicats) pour aider une personne en dépression, l’empêcher de s’adonner à la drogue, etc. Pour redonner à quelqu’un une certaine joie de vivre, lui faire oublier une expérience traumatisante ou difficile à surmonter.

Les envoûtement maléfiques sont plus inquiétants. Envoûtement de haine, envoûtement de destruction, provoquant des ruptures affectives ou amicales, envoûtement pour provoquer un suicide, ou une programmation d’échec, envoûtement bloquant une carrière, causant des difficultés dans l’existence. La liste est aussi longue que celle des envoûtement positifs, en fait elle n’est limitée que par l’imagination, et en ce domaine, il semble que la morbidité et la méchanceté l’emporte sur le sens de la vie et de l’amour.

Il existe des envoûtement difficile à cataloguer, ils peuvent être, selon le cas ou l’éthique personnelle , rangés dans les catégories positives ou négatives, parmi eux citons l’un des plus connus: Le retour d’affection ou envoûtement d’amour. C’est un envoûtement complexe à réaliser.

Les méthodes d’envoûtement sont particulièrement nombreuses, j’ai pour ma part recensé plus de 195 formes ou rituélies différentes. Il n’est pas dans mes intentions de les décrire toutes, car la plupart ont une structure commune, et les variantes ne sont que des parties de rituels combinées entre elles. La technique de l’envoûtement est donc un puzzle que l’habileté du technicien assemble en un tout harmonieux.

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Aussi étonnant que cela puisse paraitre, la mise en oeuvre d’un envoûtement est relativement simple (infiniment plus que la mise en oeuvre de l’opération inverse) et les procédures peuvent être appliquées même quand l’opérateur ou le sorcier ne connait pas le sujet cible. Une des conditions impérative implique que le demandeur soit présent lors d’une , et généralement lors de plusieurs séances, ce qui permet de « personnaliser » l’action et d’inclure le potentiel émotionnel indispensable à la réussite. Il convient de préciser qu’il en est de même dans un contexte de désenvoûtement et à et a fortiori, dans une procédure de contre-envoûtement où la victime à dégager doit être impérativement présente sous peine de nullité de l’action. Ce qui n’est pas le cas lors d’action de nuisance basée sur la technique des sorts, ou le traiteur peut agir seul.

Dans certains cas, envoûtement d’amour ou de destruction par exemple, le demandeur doit être étroitement impliqué dans le contexte rituel, ce qui donne lieu parfois à des cérémonies douteuses, voir franchement orgiaques (pratiques sexuelles).

Un des aspects les plus importants, d’une pratique opérative d’influence efficace est constitué par l’utilisation de témoins et éléments corporels.

TÉMOINS CORPORELS.

L’élaboration d’un envoûtement implique de posséder un témoin du sujet, généralement il s’agit d’un élément corporel, aussi infime soit-il. Les éléments les plus usuels sont: Les cheveux, les ongles, les poils, des traces de sang sur un support neutre, de salive, de sperme (mouchoir, linge intime, filtre de cigarette, timbre poste, enveloppe, etc.). Dans la plupart des cas ces « éléments » sont intégrés dans une dagyde, petite statuette de cire d’abeille pure ou d’argile, symbolisant le sujet cible. La dagyde doit être confectionnée par l’opérateur avec une cire d’abeille de bonne qualité , les pseudo statuettes bougies que l’on trouve dans le commerce sont impropres à l’usage pour plusieurs raisons: la présence d’une mèche est une absurdité, car aucun rituel sérieux ne préconise de faire brûler la statuette de cette manière, cette « mode » provient de l’habitude des catholiques d’effectuer des neuvaines en utilisant un cierge! Ce syncrétisme est du plus haut comique, quand on sait que ces statuettes sont destinées à des rituels d’influence, lesquels sont assez éloignés de l’éthique chrétienne… Ces bougies sont de plus confectionnées avec de la stéarine, un produit issu du pétrole et ne possédant aucune des caractéristiques de la cire d’abeille, laquelle est une substance accumulatrice possédant des propriétés particulières.

Dernier point, ces statuettes sont fabriquées en grande série et non selon les prescriptions rituelles lesquelles sont assez rigoureuses. Les opérateurs qualifiés utilisent des dagydes quelques peu différentes en ce sens qu’ils ajoutent à la statuette de base un composé nommé condensateur. Ce condensateur est un produit préparé par l’opérateur selon des prescriptions rigoureuses. Il s’agit d’un mélange d’huile sainte, dans laquelle sont mêlés des oligo-éléments, des complexes d’essence de plantes et éléments métalliques en relation avec la typologie planétaire du sujet. Ce condensateur à la propriété de correspondre à la nature astrologique du sujet et d’accumuler rapidement (et de la conserver) les charges énergétiques et émotionnelles produites lors du rituel.

Les dagydes à condensateurs, apanage d’opérateurs compétents, améliorent considérablement les performances des rituélies, et en général de toutes les opérations occultes, puisque ces condensateurs sont utilisés dans les Pantacles, certaines protections, les charges d’envoûtement, les charges à cristaux, etc. La présence d’un condensateur dans une dagyde de dégagement, de transfert ou de contre envoûtement, augmente la rapidité du dégagement et permet d’obtenir une meilleure qualité du transfert, ainsi que nous le verrons un peu plus loin dans le texte.

Plusieurs opérateurs et sorciers, notamment au Brésil (Les brujos Brésiliens), utilisent pour leur part des boulettes de cire ou d’argile dans la quasi-totalité de leurs rituels. Et l’on sait quelle est la « qualité » des travaux de ces praticiens qui sont avec les sorciers malgaches parmi les plus dangereux de la planète. La forme du support n’ayant en réalité aucune importance, seuls comptent la qualité des éléments actifs et l’entrainement du sorcier.

Dans plusieurs rituels, la présence de la dagyde n’est pas requise, son rôle est assumé par un médium qui s’identifie au sujet cible. Cette technique très spéciale nécessite un entrainement exceptionnel (pour l’opérateur et pour le médium), ce médium étant, dans certains cas très rares, l’opérateur lui-même. Ce type de rituel particulièrement sophistiqué est l’apanage de techniques de haut niveau (magie de puissance: magie eggrégorique, ou magie sexuelle) sortant du cadre du présent ouvrage. Il est important de préciser que très rares sont les opérateurs qui travail avec un médium, généralement une heune fille qui leur sert d’apprentie. Encore faut-il que le sorcier connaisse le véritable rituel, ce qui est encore plus rare.

Certain sorciers utilisent fréquemment des photos comme support, il convient de souligner que la photographie ne constitue pas un support réellement valide d’envoûtement. Cet accessoire est surtout utilisé dans le cadre préparatoire (visualisation) ou dans certain rituels procédant par identification ce qui facilite le travail du médium. Dans la pratique du dégagement ou du contre-envoûtement, la photographie est par contre un support de qualité pour effectuer les tests comme aide au diagnostic.

Durée d’un travail d’envoûtement

En général la durée d’un travail ( terme usité pour désigner une pratique de ce genre) est de 28 jours; Cette durée traditionnelle est déterminée par la longueur du cycle lunaire complet (nouvelle Lune, premier quartier, pleine Lune, dernier quartier et retour à la nouvelle Lune — marée noire). On sait le rôle important de ce cycle dans la plupart des phénomènes biologiques et psychiques, ainsi que le rôle qu’il joue en agriculture, son action sur les marées et dans les cycles de reproduction. Notre satellite règle avec précision tous les travaux d’influence et de dégagement. On commence généralement une opération d’envoûtement trois jours après la nouvelle Lune, afin de bénéficier des potentialités de la Lune montante, laquelle renforce les énergies. La clôture s’achevant au retour du cycle fermant ainsi le travail par un cycle complet.

Dans le cadre d’un contre-envoûtement le praticien se base également sur le cycle lunaire, à cette seule différence, c’est que l’opération peut débuter à n’importe quelle période du cycle. Comme il s’agit de transfert celui-ci s’effectue avec plus ou moins de rapidité, l’opération se terminant à la même période du cycle avec des temps forts et des temps faibles en fonction de la phase lunaire.

Dans le cadre d’un travail d’influence une fois la phase rituelle terminée, le processus d’action va suivre son cours, l’influence va commencer dès la première cérémonie, mais ne sera perceptible qu’après un certain laps de temps. Cette inertie est due principalement au mode d’action particulier de ce genre de travail; Les résultats peuvent se manifester lors du cycle lunaire suivant ou quelques mois plus tard: il n’existe aucune règle absolues. Le même rituel appliqué à des individus différents donne des résultats nuancés et des temps de réaction également très variés.

Autopsie d’une action d’influence

Quelle que soit la procédure rituelle employée, l’action obéit à des règles précises dépendant des structures psychologiques propres à l’espèce humaine.

La spécificité d’un rituel d’influence quel qu’il soit est basée sur une constante, mise en oeuvre selon différentes procédures dont le choix appartient à l’opérateur. Dans tous les cas le demandeur représente le potentiel émotionnel, somme de passions, de désirs enchevêtrés, de pulsions plus ou moins exprimées, malstrom où se mêlent des sentiments confus, fétides, sublimes, le plus souvent un composé. Cet ensemble nauséeux appartenant à l’intimité d’un individu est inopérant et reste prisonnier de cette âme déchirée par les passions. Le rôle de l’opérateur va consister à « mettre en forme » ainsi qu’un programme informatique, le message spécifique résultant de cette demande. Ce message est d’une absolue simplicité, sous peine d’être intraduisible et inopérant. Il s’agit d’induire une émotion et non d’envoyer un dictionnaire.

Le choix du rituel sera décisif par sa forme, il permettra déjà de préciser la nature de l’influence. On n’utilise pas la même structure pour influer les décisions d’un conseil d’administration, pour modifier le comportement d’un inspecteur des impôts, provoquer un accident ou la ruine d’un individu, que celle qui fera revenir l’être aimé, ou qui créera le désordre dans un couple. Ceci étant acquis, l’opérateur mettra en oeuvre le rite auquel devra participer le demandeur.

Pour simplifier, disons que le demandeur exprimera son désir comme une bouffée émotionnelle, mise en scène et exaltée par contexte rituel, et que par sa neutralité et l’absence de passion, l’opérateur fournira le vecteur acheminant cette passion selon un schéma (le programme) correspondant au résultat souhaité.

Au niveau du sujet cible, l’induction atteindra le niveau inconscient. S’appuyant sur des résidus passionnels, des faisceaux d’affects, des émotions, refoulées des désirs inconscients. Le message trouvera un écho dans cet enfer privé que constitue le subconscient de la plupart d’entre nous. C’est au niveau des tensions internes, des refoulements, des passions et des désirs, des complexes et des culpabilités que l’induction émotionnelle se produira.

L’impact émotionnel, pulsion de désir ou de destruction, s’ancrera sur une de ces aspérités secrètes, s’installera puis se développera en se ramifiant comme un cancer de l’âme qu’elle investira pour mieux l’étouffer. Tel est le processus de l’envoûtement qui trouvera sa pâture dans les passions intérieures conscientes, non exprimées ou refoulées. On comprend que ce processus n’a rien à faire avec la volonté de la victime, car l’induction exacerbera des désirs entretenus par la continuité du rite.

La tension interne, devenant plus forte, passe du niveau inconscient au niveau du conscient, et la victime aura l’impression que cette passion soudaine, ou cette émergence d’un désir vient d’elle. Si l’individu possède une volonté forte, capable de résister à des suggestions extérieures, cette aptitude ne lui sera d’aucun secours, au contraire, car persuadé que le désir naissant ou l’inspiration qui lui vient est l’expression de ce qu’il pense, sa volonté sera mise au service de cette suggestion. L’entreprise a réussi.

Dans le cas d’envoûtement de destruction, le processus est un peu différent, mais les résultats sont comparables. La programmation négative engendrée par l’envoûtement provoquera une somatisation ayant pour résultat une maladie, ou un état dépressif pouvant aboutir à une autodestruction.

Pour obtenir de tels résultats à coup sur, ce qui heureusement est fort rare, il faut que l’opérateur soit d’une grande intelligence et possède une parfaite maitrise de son art. Mais il est bien rare qu’un individu réellement intelligent se livre à ce genre de pratique, à moins que celui-ci soit névropathe. La plupart des opérateurs pratiquant l’envoûtement sont: soit des novices animés par la curiosité, soit des individus complexés, poussés par une volonté de puissance ( ce qui est une forme de névrose). La plupart sont des êtres frustres incapables d’atteindre une maitrise de ces mécanismes subtils et ayant une « heureuse » tendance à mélanger les traditions, à utiliser des grimoires (dont ils ne comprennent pas la symbolique cachée/ Il ne faut pas oublier que grimoire vient de grimé, qui signifie déguiser!), ce qui diminue l’efficacité de leurs nuisances. Il n’en reste pas moins vrai, que les résultats, même insignifiants, obtenus par ces individus véritables « déchets » de la spiritualité, sont amplement suffisants pour provoquer d’importants dégâts, compte tenu de la fragilité émotionnelle de la plupart de nos contemporains.

En effet si les résultats obtenus ne correspondent que rarement à ceux escomptés, il n’en demeure pas moins que les perturbations physiques, psychiques, familiales ou sociales, puissent être gravissimes et certains cas durables, voire définitives. D’où l’immense intérêt de techniques de protection ou de dégagement efficace.

Pour résumer d’une manière plus triviale, on peut affirmer que: L’envoûtement est un composé d’émotion, provoquant une pulsion, un coup de tête, de coeur ou de « cul »!

Il ne peut s’agir d’un programme détaillé, porteur de nuances, c’est un message abrupt, un choc non analysable. Ceux qui prétendent le contraire sont des niais ou des escrocs, à moins qu’ils ne possèdent aucune culture dans ce domaine (ce qui ne leur laisse pas beaucoup de chance). Cet aspect émotionnel du procédé explique la difficulté de réussir certaines spécialité, comme les envoûtement d’amour, appelés retour d’affection, à moins d’utiliser de l’émotionnel à l’état pur en faisant appel à des rites orgiaques qui tiennent plus des « transports en commun » que de l’idylle de Paul et de Virginie.

L’envoûtement agit comme une programmation sauvage, produite par une intense émotion dont le rituel n’est que le fil conducteur, le demandeur l’inspirateur et la source énergétique (amour, haine et passion). Cette bouffée émotionnelle éveille les désirs diffus du subconscient de la victime produisant un phénomène obsessionnel, une programmation et une exacerbation des tensions préexistantes, qui ne s’apaise que par l’assouvissement ou la destruction;

Provoquer une action négative est d’une relative simplicité (sauf dans les actions très élaborées impliquant de nombreux facteurs), ce genre d’action est malheureusement à la portée de n’importe qui possédant une puissance de haine suffisante. Il est facile de blesser ou de tuer quelqu’un, un bâton, une pierre ou un couteau sont amplement suffisants et cet acte est à la portée de n’importe quel imbécile. Par contre il faut être un très bon médecin ou chirurgien pour soigner une victime. Ve qui explique les échecs des « traiteurs » qui le plus souvent sont incapables de réellement maitriser la situation pour « guérir leurs patients.

Le propre de l’envoûtement est d’investir l’inconscient . Dès que se manifeste l’influence, celle-ci semble provenir naturellement d’une pensée ou d’une réflexion personnelle. Cette émergence est interprétée comme « venant de soi », si bien que l’attention de la victime n’est à aucun moment mise en alerte. Le danger des influences de ce type, est très pernicieux, car leurs manifestations prennent toujours un aspect naturel. Il convient donc d’être particulièrement attentif.

Il convient de souligner que l’envoûtement n’atteint pas certaines personnes, est-ce à dire que certains êtres sont réfractaires à ce genre de manipulation ou du moins n’en sont que très faiblement affectés, ou n’en souffrent qu’un très court moment. Ces êtres n’ont rien d’exceptionnel, et ce phénomène n’a aucun rapport avec la volonté ainsi que nous l’avons vu un peu plus avant dans le texte. Ce phénomène tient au fait que ces personnes ont effectués, la plupart du temps consciemment, un travail de progression spirituelle efficace. Le résultat étant une diminution des tensions intérieures, une maitrise des passions et une dissolution plus ou moins effective des désirs. Un mystique, ou un être très évolué spirituellement, aura résolu ses tensions intérieures, ses blocages, culpabilité et interdits seront diminués ou absents.

Un tel individu se connaitra, se trouvant sur une voie de progression, il aura maitrisé son égo, réalisé une certaine unité de son être/ L’aiguillon des passions et les inductions émotionnelles n’auront plus prise sur cet inconscient éclairé. Ce « noble voyageur » ressentira peut être les attaques, mais il en restera l’observateur indifférent ou amusé. Cet état très particulier de « décréation » est l’apanage de quelques individus effectuant une démarche de progression spirituelle, qui ne doit pas être confondue avec une démarche religieuse avec laquelle n’a que peu de points communs.

La religion est certes une démarche menant à ce genre de prise de conscience, mais elle ne reste (à de très rares exceptions) qu’une béquille émotionnelle pour les infirmes de la spiritualité. Ce qui explique la vogue du culte des saints, des anges et autre entités exotiques, qui procède de la même démarche que celui des cultes démoniaques et luciféro-extravagants auxquels s’adonnent les amputés du sacré. La faute en revient aux religions totalitaires qui laissent entendre à leurs ouailles, qu’en dehors d’elles, il n’existe point de salut, alors que les religions les plus anciennes comme l’hindouisme et le bouddhisme incitent au dépassement et à l’autonomie spirituelle.

Le message des évangiles et pourtant clair, de même que ceux de Bouddha ou de Krishna, mais les hommes ont peur de leur désert intérieur et de sa réalité! Car c’est dans le désert qu’on rencontre Dieu.